Historique

L’idée et le Projet

Au début des années 1970, M. le Président de la République Gabonaise, S.E. Omar Bongo Ondimba, émettait le souhait de voir implanter un centre de recherches médicales, destiné en premier lieu à améliorer la fécondité humaine dans son pays. Ce souhait aboutit en 1974 à la décision conjointe de la présidence gabonaise et du président de la société pétrolière Elf Aquitaine, sous l’égide d’un Comité de Patronage ayant à sa tête le professeur Robert Debré, sommité de la médecine mondiale, et d’un Conseil Scientifique présidé par le professeur Emile E. Beaulieu, d’installer un centre de recherches médicales à Franceville, dans le Haut-Ogooué, à l’environnement propice.

Durant cette période d’aménagement et parallèlement, il était engagé à partir de 1975, une enquête épidémiologique réunissant chercheurs et cliniciens, sur la fécondité au Gabon Oriental, auprès de 875 hommes et de 673 femmes, échantillon exceptionnel  - par le nombre d’individus examinés, et parce que des hommes avaient accepté de s’y prêter. 23 autres projets de recherche, dont 18 sur la fécondité, furent également menés à bien.

L’aboutissement du projet se concrétisa le 5 décembre 1979 par l’inauguration du Centre International de Recherches Médicales de Franceville (C.I.R.M.F.) - présidée par S.E. le Président de la République du Gabon, Monsieur Omar Bongo Ondimba -, remarquable organisme de recherche implanté à l’intérieur de l’Afrique Centrale, doté des moyens matériels et techniques les plus perfectionnés existant au monde à l’époque ; suivie par les premières Journées Médicales de Libreville. En effet, dès son ouverture, les laboratoires du CIRMF, qui occupaient 2000 m2 de locaux, comprenaient cinq divisions de recherche : Microbiologie, Immunologie, Anatomo-pathologie et Biologie de la Reproduction ; plus un laboratoire d’examens biologiques. Enfin, était ajouté à ces moyens un Centre de Primatologie pour l’étude des grands singes et de leurs maladies proches de celles de l’homme. Cette association de moyens technologiques et naturalistes constituait une originalité unique.

Inauguration du CIRMF le 5 décembre 1979

Discordances…

Dès le début et avant même l’ouverture du CIRMF, des voix se firent entendre pour critiquer le projet. Certaines n’étaient que la manifestation d’une animosité jalouse de personnalités bien nanties du Nord, du genre : « autant de moyens financiers pour un si petit pays d’Afrique !… »).

D’autres étaient plus pertinentes, raisonnées, et raisonnables ; telles celles de madame le docteur Anne Rethel-Laurentin, éminent chercheur du CNRS en ethno-médecine africaine, dont le sujet d’étude était depuis 25 ans (en 1979), l’hypofécondité en Afrique Centrale. Elle notait que le problème relevait d’une bonne hygiène et de moyens sanitaires. Elle soulignait « les covariations étroites entre stérilité (…), infections génitales et maladies sexuellement transmissibles », avec des causes historiques liées à la Traite des esclaves et à ses conséquences. Elle préconisait des traitements collectifs, comme cela avait été fait entre 1950 et 1960 dans les régions peu fécondes du sud-Cameroun, de la Volta Noire au futur Burkina Faso, et dans le centre et le sud-ouest de l’ex-Congo Belge. Elle terminait son appréciation par : « (…) la résurrection de la démographie gabonaise est un problème de santé publique urgent, peu coûteux de surcroît (…) » (Le Monde, 16 janvier 1980).

Mais…  au moment même du projet CIRMF et de sa réalisation, il apparaissait en Afrique Centrale de nouveaux agents infectieux épidémiques et mortels (Ebola, puis HIV), alors qu’il avait été clamé la fin des maladies infectieuses, grâce aux antibiotiques et à de nouveaux outils thérapeutiques (l’OMS déclara le 29 octobre 1979 la variole maladie éradiquée). La nouvelle maladie sexuellement transmissible commença d’être étudiée en Afrique Centrale par les Instituts Pasteur en 1982, avant même la découverte du virus HIV. L’outil à la technologie de pointe du CIRMF était là, prêt à être utilisé dans la recherche sur les agents infectieux émergents et les maladies graves qu’ils peuvent causer. Le moment n’était cependant pas encore venu pour le CIRMF d’intervenir.

Premier bilan

En 1984, un bilan est fait au terme de la première période de fonctionnement du CIRMF; bilan positif dans le cadre des projets de recherches initiés dix ans plus tôt (en 1974). En témoignèrent des journalistes spécialisés, venus au Gabon à l’occasion du Séminaire International sur la fécondité humaine et les maladies sexuellement transmissibles qui se tint à Franceville du 27 février au 8 mars 1984 :

« Réalisation courageuse et audacieuse pour les uns, projet irréaliste pour d’autres, le CIRMF, en quatre ans, a donné raison aux premiers. (…) Les recherches médicales actuellement en cours dans les laboratoires du CIRMF concernent les maladies sexuellement transmissibles (notamment en rapport avec le gonocoque et les chlamydia), l’immunologie parasitaire, les relations immunes foeto-maternelles au cours du paludisme et de la filariose, la physiologie de la reproduction avec l’étude de la biologie du sperme, la fécondité in vitro et l’étude de la puberté surrénalienne versus, la puberté gonadique étudiée chez les Primates. (…) Des stagiaires scientifiques sont invités et une aide est apportée aux étudiants du CUSS » aujourd’hui USS « de Libreville (…). Des contacts sont entretenus avec la faculté des Sciences. (…) Véritablement international, le CIRMF fait travailler des chercheurs de huit nationalités. » (Liliane Laplaine-Monthéard, Le Quotidien du Médecin, 4 avril 1984).

Les observateurs mettaient aussi l’accent en parallèle sur l’importance et la qualité du système de santé et de la médicalisation au Gabon.

Une innovation en Afrique

Le Centre de Primatologie du CIRMF hébergeait et héberge plusieurs centaines de singes (Primates), dont, avec deux des trois espèces africaines de singes Anthropoïdes, Gorilles et Chimpanzés, des cercopithèques (dont le « singe à queue de soleil », nouvelle espèce), des Mandrills et des macaques d’Asie, jouant dès le début et depuis un rôle important, offrant aux scientifiques plusieurs potentiels de recherche, avec, en particulier, des études de comportement et le développement de stratégies innovantes thérapeutiques contre les maladies virales et parasitaires, avec un monitorage clinique et biologique des projets.
Petit événement qui ravit la communauté scientifique du CIRMF : pour la première fois en Afrique naissait le 16 septembre 1983, en captivité, un bébé gorille : une femelle qui fut prénommée « Caroline ». Cette naissance était d’importance, parce qu’il s’agissait justement d’un gorille, et qu’il survécut. Des colonies de singes apparentés se constituèrent ainsi peu à peu, leur étude biologique et génétique fut un apport essentiel à la connaissance des animaux sauvages les plus proches de l’homme.

 Mais les recherches  de primatologie en interne (en captivité) nécessitaient aussi l’étude des primates dans leur milieu naturel. A cet effet, dès la fin de l’année 1980, le Dr. Caroline Tutin, chercheur en primatologie, et son assistant Michel Fernandez, entreprenaient l’étude de la démographie des grands singes anthropoïdes du Gabon, en particulier celle des gorilles. Les résultats indiquaient que le pays était le sanctuaire de ceux-ci, avec une population plus importante qu’on ne croyait.

La Station d’Etudes des Gorilles et des Chimpanzés (SEGC) de la Lopé

Aussi, le CIRMF décida-t-il en 1983 l’installation d’une station permanente de recherche en ce domaine, dont la réalisation fut confiée à ces deux mêmes scientifiques. Le lieu choisi fut la réserve de la Lopé (existant depuis 1946), dans le bassin du Moyen Ogooué, au sud des « Portes d’Okanda ». En plus des acteurs institutionnels de financement et de fonctionnement du CIRMF, des organismes scientifiques internationaux se joignirent peu à peu au projet, dont en particulier la Wildlife Conservation Society (WCS) de New York, qui finança en 1989 un chercheur permanent et s’associa en 1993 au CIRMF dans une convention de cogérance, jusqu’en 2005.
« L’objectif initial de la station était d’étudier le comportement des gorilles et des chimpanzés sauvages en sympatrie. » (Caroline Tutin). Les chercheurs élargirent rapidement les centres d’intérêts de la SEGC à d’autres aspects de la vie des grands singes et de l’environnement dans lequel ils évoluent (étude de la végétation et des autres grands mammifères). Dans le domaine de la protection, il fut développé, avec le WCS, le travail d’écogardes afin de limiter le braconnage et de mieux faire connaître aux visiteurs le patrimoine du Parc (la réserve fut instituée en parc national en août 2002). La station a bénéficié aussi de nombreuses collaborations scientifiques internationales dans des domaines très divers : archéologie, génétique moléculaire, botanique, étude des pollens, foresterie.

La SEGC est ainsi devenue une grande station et un site témoin de référence internationale pour la biodiversité des régions tropicales humides. La SEGC utilise aussi l’analyse spatiale, grâce au Global Position System et au Système d’Information Géographique. Elle collabore en ce domaine avec la NASA et l’Université du Maryland aux USA. Elle intervient aussi dans le cadre d’études sur le réchauffement climatique et la séquestration du carbone. Enfin, aux activités de la recherche s’ajoute la formation de jeunes chercheurs nationaux et internationaux.

« Aujourd’hui, la SEGC, grâce à son histoire (…), offre des possibilités nouvelles et uniques  de recherches dans plusieurs domaines comme l’approche écologique de l’émergence de maladies zoonotiques (…), la compréhension des passages inter espèces de pathogènes et l’apparition d’épidémies chez l’homme et les animaux sauvages et la détermination des services éco-systémiques (…) des forêts tropicales d’Afrique centrale. » (Caroline Tutin, Katryn Jeferey, Mathieu Bourgarel et Jean-Paul Gonzalez – 2009). 

Emergences…

« Il y aura donc des maladies nouvelles. » et « (…) nous ne saurons jamais les dépister dès leur origine. »(Charles Nicolle, 1932)

Le concept de maladies nouvelles a été établi à Washington D.C., U.S.A., en 1989, sous l’impulsion du prix Nobel de Médecine Josuah Lederberg (il écrira que les virus sont « les seuls prédateurs de l’homme »), lors d’une réunion organisée par la Fondation Fogarty, le National Institute of Allergy and Infections Diseases et la Fondation Rockefeller, sur le thème des maladies nouvelles. L’idée avait pris forme depuis l’apparition du sida au début des années 1980.
« Lors de cette réunion, trois questions essentielles furent débattues : aurait-il été possible de prévenir cette pandémie ? D’autres germes pourraient-ils reproduire des situations semblables ? Quels moyens devait-on se donner pour prévenir de telles épidémies ? » (Jean-François Saluzzo, Pierre Vidal, Jean-Paul Gonzalez, Les Virus Emergents, Paris, IRD Editions, 2004).

Une première irruption d’un virus nouveau mortel (Hantavirus) eut lieu aux USA en 1993. Les réponses à cette attaque de la Nature dans son infiniment petit, furent rapides et efficaces, grâce aux nouvelles dispositions des organismes de recherche. De la même façon, d’autres agents pathogènes se sont depuis manifestés. Par exemple : West Nile en 1999, le SRAS en 2003, le H5N1 (grippe aviaire) en 2004, le H1N1 (grippe dite « porcine ») en 2009 ; etc. Les gens voyagent de plus en plus, pour des raisons économiques et/ou touristiques – se mélangent aussi - ; les virus « en profitent » pour voyager également de plus en plus dans les organismes humains et animaux, malgré toutes les mesures sanitaires prises.

L’idée de créer autour du monde, notamment dans la zone intertropicale, un réseau d’une sorte de « tours de veille » sanitaire à réaction rapide, chargées de la surveillance, l’étude et l’analyse des risques microbiologiques nouveaux, se développa au cours des années 1990. Un établissement tel que le CIRMF répondait parfaitement à ces critères par sa situation, ses installations, ses laboratoires ; et ses équipes qualifiées et performantes. D’ailleurs, le Gabon se trouva en présence d’attaques virales, heureusement très localisées ; telles celles dues au virus Ebola à partir de 1994, d’autres eurent lieu depuis ici ou là dans le pays ; la dengue émergea au Gabon en 2007, ainsi que chikungunya. Le CIRMF s’imposait ainsi de facto comme une de ces tours de veille sanitaire dédiées aux maladies virales hémorragiques. Les nouvelles infections et les menaces microbiologiques, deviennent une préoccupation grandissante pour la santé humaine.

Turbulences…

Après une quinzaine d’années de fonctionnement positif, dans le domaine de la recherche médicale, avec des collaborations nationales et internationales et du travail pédagogique accompli auprès des étudiants et des jeunes chercheurs, le CIRMF connut une période de turbulences. C’est une situation inhérente à tout organisme d’importance. Les raisons de ces turbulences furent à la fois institutionnelles et directionnelles, bien davantage que fonctionnelles. Et puis, l’opposition à l’existence du CIRMF, au Gabon comme à l’étranger, n’avait jamais disparu, ni désarmé.

La situation du CIRMF – son sort peut-être ! - fut débattue dans la presse nationale, beaucoup ; et même dans la presse internationale. Un grand journal parisien, Le Figaro, titrait dans un numéro de début 1998 : « Un Centre de recherche africain dans la tourmente » ! L’auteur de l’article rendait d’ailleurs hommage au travail scientifique accompli : « Ce centre d’excellence qui attire les chercheurs du monde entier, publie dans les grandes revues des résultats capitaux sur les maladies émergentes, les rétrovirus humains et simiens et les recherches vaccinales contre le paludisme. » Mais l’auteur de l’article ajoutait qu’il fallait trouver un directeur général, qu’il définissait ainsi : « Le directeur général idéal sera un oiseau rare : et(…) il lui faudra être un administrateur vigilant, en plus d’un scientifique visionnaire. »

Le CIRMF garde son cap sur la science…

Cependant, le CIRMF, toujours bien soutenu par le gouvernement gabonais, à commencer par M. le Président de la République, et par son contributeur principal, la société Total Gabon (à la place d’Elf, dont la société mère avait été vendue en France à Total), poursuivit son chemin, même si la crise persista de façon diffuse durant plusieurs années. Le travail de recherche et de soutien à la recherche au Gabon et ailleurs, et d’aide à la santé gabonaise et humaine, se poursuivit au mieux et se développa encore.

La thématique initiale de recherche avait porté sur l’amélioration de la fécondité dans toutes ses composantes, et de la santé pré et post natale de l’enfant, notamment dans le contexte tropical. Avec l’arrivée de nouveaux partenaires de recherches, tels que le ministère français de la Coopération, l’Institut Pasteur de Paris, l’Institut de Recherche pour le Développement, l’Agence Nationale de Recherche contre le Sida (de France l’un et l’autre), le National Institut for Communicable Diseases (Afrique du Sud), le Center for Diseases Control and Prévention (USA), la Royal Society (Grande Bretagne), la Wildlife Conservation Society (USA), le CIRMF recentra ses activités autour d’objectifs jugés d’importance : les études comparatives entre rétrovirus humains et de primates non humains ; l’incidence des hépatites virales ; les essais vaccinaux ou prophylactiques antiviraux ; la recherche explicative sur les fièvres hémorragiques virales ; le paludisme grave ; le diagnostic des filarioses ; l’atteinte cérébrale de la trypanosomiase humaine ; la génétique des écosystèmes.
Depuis la fin des années 1990, de nouveaux objectifs et sujets de recherche sont apparus : l’étude des arbovirus, en particulier des virus de la dengue et de chikungunya ; la biodiversité des parasites (toxoplasmose et plasmodium) ; la création de l’Unité de Recherche « Ecologie et Santé ».

Et le CIRMF continue…

Les différentes unités de recherche du CIRMF ont encore augmenté leur production. Une nouvelle Unité de Recherches a été développée en 2000-2001, consacrée au Hémoglobinopathies. Elle se structure autour du Laboratoire de diagnostic de la Drépanocytose, qui est situé à la Faculté de Médecine de Libreville, et celui de la recherche sur la génétique des Hémoglobinopathies, situé sur le campus du CIRMF à Franceville. S’ajoute aussi l’Unité de Biologie Médicale et de Santé Publique, constituée par un laboratoire d’analyses médicales sur le campus du CIRMF, et par un observatoire de santé à Dienga, en forêt tropicale humide.

Le CIRMF, résolument tourné vers l’avenir par ses avancées dans la recherche médicale (plus de 500 publications dans des revues scientifiques référencées) ; et par ses interactions avec les Instituts Gabonais de recherche et de formation (plus de 45 doctorants formés jusqu’en 2009), poursuit ses objectifs premiers de recherche médicale, de formation et d’appui à la santé publique en diversifiant ses actions dans des domaines de recherche variés et élargis aux questions actuelles posées par les thématiques de l’environnement, de l’écologie appliquée à la santé. Si la production de connaissances par la recherche médicale reste le moteur du CIRMF, c’est par l’excellence et la formation par la recherche que les jeunes étudiants Gabonais et ceux en accueil offriront ces savoirs. Sans omettre l’indispensable collaboration et coopération internationale.

Le CIRMF devenait un véritable « phare » de la recherche médicale en Afrique. D’autant qu’il se dotait de deux laboratoires de Haute Sécurité ; puis, inaugurait en 1995 un laboratoire de Très Haute Sécurité - juste au-dessus du Centre de Primatologie : l’outil de recherche le plus moderne au monde en sécurité biologique, voisinant avec nos très lointains parents simiens se trouvant vivre pour la science dans une belle parcelle de forêt « éternelle » africaine close !

Puis quelque 30 ans plus tard…

Depuis l’automne 2008, le CIRMF a un nouveau Directeur Général qui, sans mésestimer le travail accompli par ses prédécesseurs, est sans doute celui que le journaliste scientifique du Figaro définissait bien dix ans plus tôt. C’est un scientifique des plus compétents à l’international, dans les domaines de recherche traités par le CIRMF ; sa carrière de chercheur, ainsi que de meneur d’équipes et de chercheur enseignant a été et continue d’être exemplaire. Et pour lui, chaque travailleur du CIRMF, du plus humble au plus compétent est indispensable. Ce que chacun a compris. Il a entrepris la rénovation du CIRMF ; il a redynamisé le Centre, avec l’appui de l’équipe gabonaise qui l’entoure et des responsables des unités de recherche, comme de celles de services et de maintenance. Et, pour la première fois, les finances du CIRMF sont équilibrées.

Le docteur Jean-Paul Gonzalez avait été un des principaux acteurs de la traque du virus Ebola ; il dirigeait depuis une douzaine d’années l’unité de recherche IRD, dont une des équipes, au sein du CIRMF, allait résoudre le mystère du réservoir Ebola et de sa transmission, via certaines espèces de chauve-souris, les fruits qu’elles consomment, que mangent les singes, comme les chimpanzés, que consomment parfois les hommes, se contaminant alors au virus. L’équipe de la découverte a été récompensée, en la personne du responsable de celle-ci au CIRMF, celle des Maladies Virales Emergentes (UMVE), le docteur Eric Leroy, qui a reçu à l’automne 2009 le prix international Christophe Mérieux de Recherche Médicale, un des principaux prix scientifique de l’Institut de France, en présence de représentants des cinq académies. Ce prix tombait au mieux pour célébrer le renouveau du CIRMF dans la continuation.

Ainsi, l’anniversaire des 30 Ans d’existence du Centre International de Recherches Médicales de Franceville, institution gabonaise bien soutenue à l’international, pouvait être fêté avec éclat le 5 février 2010, en présence du Président de la République Gabonaise, S.E. Monsieur Ali Bongo Ondimba, successeur de feu S.E. Omar Bongo Ondimba, fondateur du CIRMF. Et quelques semaines plus tard, le 24 février 2010, sous la conduite de Monsieur le Président de la République Gabonaise, c’était S.E. Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, qui faisait l’honneur au CIRMF d’une visite attentive de l’établissement, marquant ainsi le soutien renouvelé de la France à notre remarquable institution. Une Institution qui œuvre pour la santé du Gabon, de l’Afrique et de l’Humanité dans un souci constant de « Développement Durable »

Le Centre de Primatologie du CIRMF hébergeait et héberge plusieurs centaines de singes (Primates), dont, avec deux des trois espèces africaines de singes Anthropoïdes, Gorilles et Chimpanzés, des cercopithèques (dont le « singe à queue de soleil », nouvelle espèce), des Mandrills et des macaques d’Asie, jouant dès le début et depuis un rôle important, offrant aux scientifiques plusieurs potentiels de recherche, avec, en particulier, des études de comportement et le développement de stratégies innovantes thérapeutiques contre les maladies virales et parasitaires, avec un monitorage clinique et biologique des projets.

Petit événement qui ravit la communauté scientifique du CIRMF : pour la première fois en Afrique naissait le 16 septembre 1983, en captivité, un bébé gorille : une femelle qui fut prénommée « Caroline ». Cette naissance était d’importance, parce qu’il s’agissait justement d’un gorille, et qu’il survécut. Des colonies de singes apparentés se constituèrent ainsi peu à peu, leur étude biologique et génétique fut un apport essentiel à la connaissance des animaux sauvages les plus proches de l’homme.
 Mais les recherches  de primatologie en interne (en captivité) nécessitaient aussi l’étude des primates dans leur milieu naturel. A cet effet, dès la fin de l’année 1980, le Dr. Caroline Tutin, chercheur en primatologie, et son assistant Michel Fernandez, entreprenaient l’étude de la démographie des grands singes anthropoïdes du Gabon, en particulier celle des gorilles. Les résultats indiquaient que le pays était le sanctuaire de ceux-ci, avec une population plus importante qu’on ne croyait.